Moncton : Rising Tide pourrait accueillir ses premiers résidents avant l’été

Le projet de logement abordable de l’organisme Rising Tide Community Initiatives, à Moncton, devrait accueillir ses premiers résidents avant le début de l’été. Toutefois, le projet attend encore de savoir si sa demande de financement dans le cadre de l’Initiative pour la création rapide de logements du gouvernement fédéral sera acceptée. Si tel est le cas, le nombre de logements créés au terme de trois ans pourrait passer de 125 à 160, a confirmé récemment au Centre un des fondateurs de Rising Tide, Dale Hicks.

En novembre 2020, la Ville de Moncton a voté pour financer le projet à la hauteur de 6 millions de dollars sur trois ans, à condition que le gouvernement du Nouveau-Brunswick accorde un financement équivalent; ce que ce dernier a fait un mois plus tard. Le ministre du Développement social, Bruce Fitch, avait déclaré dans un communiqué pour annoncer le financement du projet être « incroyablement fier de voir cette collaboration sans précédent entre le ministère du Développement social, les entreprises privées, les organisations non gouvernementales et la Ville de Moncton […]. En travaillant ensemble, nous pourrons aider à fournir des services améliorés aux personnes les plus vulnérables de la ville ».

Le projet initial, qui verra le jour même si l’organisme ne reçoit pas le financement demandé dans le cadre de l’ICRL, consiste en la rénovation ou la construction de 125 logements abordables à Moncton, sur une période de trois ans.

« Les logements seront de tailles différentes, selon s’ils sont dans des maisons de chambre ou dans un immeuble d’appartements. Mais à la base, il s’agit de logements abordables pour 125 personnes », précise Dale Hicks, un des fondateurs de Rising Tide Community Initiatives. L’objectif est de fournir 25 logements, probablement distribués dans quatre ou cinq propriétés, dans la première année, et de poursuivre avec 50 logements par année pour deux ans.

L’organisme travaille aussi sur un « plan parallèle » qui tient compte des possibilités (jusqu’à 160 logements au lieu de 125) et des exigences qu’apporterait le financement fédéral.

« Certaines personnes ont regardé [notre budget] et nous disent : ‘‘vous dépensez 12 millions pour 125 personnes, que faites-vous avec tout cet argent? Ça n’a pas de sens’’, rapporte Dale Hicks. Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que nous achetons des propriétés. » Deux tiers des 12 millions obtenus sont destinés à l’acquisition de résidences.

Pour Dale Hicks, cela est primordial pour la stabilité du projet et des futurs résidents. « Si nous possédons les propriétés, nous n’avons pas à nous inquiéter qu’un résident soit évincé, et nous n’avons pas à nous inquiéter [qu’un nouveau propriétaire] dise : ‘‘je vais [augmenter] le loyer’’. »

En plus de fournir un toit à des personnes qui en ont besoin, le projet Rising Tide fournira des services de soutien et de suivi à ses résidents en s’alliant à d’autres organisations. « Je ne vais pas mettre six personnes dans une résidence et m’en aller en leur disant : ‘‘bonne chance’’, mentionne Dale Hicks. Nous ne voulons pas qu’ils retournent d’où ils viennent. »

Le projet avait reçu 45 000 $ du Centre en 2020 afin d’aider Rising Tide à mener ses opérations.

Les conditions difficiles du marché compliquent la tâche

Puisque le financement fédéral pourrait influencer le déroulement du projet, aucune propriété n’a été achetée par Rising Tide jusqu’à maintenant. Mais l’organisme a commencé ses recherches et espère loger ses premiers résidents avant la fin du printemps. La surchauffe actuelle du marché immobilier, pénible pour les acheteurs individuels, rend aussi la situation difficile pour Rising Tide. « Nous pouvons trouver une propriété [intéressante] aujourd’hui, et la semaine prochaine, elle n’est plus disponible », confirme Hicks. L’organisme essaie d’être au courant de propriétés à vendre avant même qu’elles ne soient sur le marché.

La question du zonage complique aussi les démarches pour trouver des propriétés adéquates. Les maisons qui possèdent plusieurs chambres et qui seraient disponibles sont souvent en zone résidentielle et ne peuvent pas être utilisées comme maison de chambres. « [Si] les personnes qui habitent ensemble ne sont pas apparentées, si elles ne sont pas membres d’une même famille, alors c’est impossible d’utiliser cette [maison] à cette fin ».

Il y aurait environ 300 personnes en situation d’itinérance à Moncton; soit deux fois plus qu’en 2019. Le Comité directeur des sans-abris du Grand Moncton, qui rassemble des organismes travaillant en itinérance, a établi l’objectif d’atteindre le « zéro fonctionnel de l’itinérance » d’ici 2023.

«Le zéro fonctionnel de l’itinérance [est] une norme initialement développée par Community Solutions qui indique que l’itinérance dans cette communauté est rare dans l’ensemble et brève lorsqu’elle se produit.»

– Prêt pour zéro Canada

D’après Dale Hicks, la situation de l’itinérance à Moncton a grandement évolué au cours des 10 dernières années, mais elle fait l’objet de discussions plus importantes entre la communauté, la Ville et le milieu des affaires depuis trois ou quatre ans. En 2020, la Chambre de commerce pour le Grand Moncton a d’ailleurs interpellé les leaders politiques au sujet de l’itinérance, qui devient, selon eux, un problème pour les affaires.

« Beaucoup de personnes sans-abri sont au centre-ville. Ils dorment dans les cages d’escaliers, sous les porches des commerces. Ils viennent dans les restaurants et dérangent les gens […]. Plusieurs résidents disent qu’ils ne veulent plus aller au centre-ville », dit Dale Hicks. Mais pour celui qui est aussi le président de Food Depot Alimentaire, le problème d’itinérance auquel fait face Moncton est un problème auquel doivent faire face toutes les grandes villes.

« C’est une corrélation naturelle. Plus la ville est grande, plus les gens y viendront parce qu’il y a plus de possibilités. Moncton est la plus grande ville de la province, et nous essayons de faire plein de choses pour faire de [la ville] un endroit intéressant où venir et habiter. Mais on ne peut pas dire : ‘‘c’est seulement pour les gens qui ont des emplois’’. Quoi, si tu es sans-abri, ça ne s’appliquerait pas à toi? ». Pour Dale Hicks, le projet de Rising Tide vise spécifiquement à trouver une solution à ce problème.

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