L’inclusion sociale, l’ADN du logement communautaire

Pour le Centre, l’inclusion sociale est probablement ce qui distingue de la manière la plus fondamentale le logement communautaire des autres types d’habitation.

Le logement communautaire, véritable incubateur d’émancipation

Dans notre société, le logement est à la fois l’un des principaux moyens d’enrichissement et d’exclusion sociale. Au cours des dernières décennies, nous avons vu émerger au Canada un phénomène d’itinérance de masse. Un minimum de 235 000 personnes passe au moins une nuit par année sans abris. Selon le dernier recensement, 1,6 million de ménages consacrent plus de 30 % de leurs revenus au logement et, si l’on creuse un peu, on constate rapidement que l’argent n’est pas le seul élément qui provoque l’exclusion en matière d’habitation.

Les familles monoparentales, les personnes issues des communautés racisées, les ménages dirigés par des femmes, les personnes aux prises avec des situations de handicap physique et mental, les familles nombreuses, les personnes des communautés LGBTQ, les Autochtones (qu’ils vivent en milieu urbain ou sur les réserves) sont autant de groupes dont les vulnérabilités sociales et économiques se traduisent par une surreprésentation parmi les personnes mal-logées.

D’un autre côté, la spéculation immobilière, la financiarisation de l’immobilier résidentiel, l’embourgeoisement des quartiers populaires traditionnel contribuent à l’appropriation de plus en plus de richesses par un nombre restreint d’individus.

À travers l’immobilier, ces personnes et ces institutions s’approprient non seulement une rente financière, mais aussi d’un pouvoir d’influence toujours plus significatif sur les pratiques et les modalités de gestion en habitation qui désavantage constamment les mêmes, qu’ils soient locataires ou petits propriétaires occupants.

De nombreuses études confirment que la discrimination, bien qu’illégale, est une réalité quotidienne qui frappe les ménages qui ne répondent pas aux critères de références (couple de professionnels trentenaires, caucasiens, hétérosexuels, sans enfant, sans handicap apparent et disposant d’un emploi stable). Volontairement ou pas, les mesures de sélection des locataires, telles que les enquêtes de crédit, font en sorte de réserver les meilleurs logements aux candidats les plus proches du portrait de référence. Laissant les moins bons logements aux autres segments de la population.

Cela s’applique aux locataires, mais aussi aux ménages qui tentent d’être propriétaires de leur propre domicile. Les quartiers desservis par les meilleurs services sont systématiquement habités par les ménages ayant ces mêmes profils de références. La résistance contre l’installation de services, de logements ou de ressources pour d’autres populations dans ces espaces est d’ailleurs bien connue sous l’expression « pas dans ma cour ! ».

Le Centre est convaincu que le logement communautaire constitue un excellent moyen de briser ces mécanismes insidieux d’exclusion. Cette action prend plusieurs formes.

Le logement communautaire accueille les exclus des lieux touchés par la financiarisation et la gentrification. C’est d’ailleurs souvent sa première leur raison d’être. Par ces politiques antidiscriminatoires, motivés par la générosité et l’intelligence sociale de ceux et celles qui animent le mouvement, il n’est pas rare que le principal moyen pour les populations vulnérables de continuer à vivre dans un quartier passe par le logement communautaire. Insensibles aux sirènes de la spéculation immobilière, les OSBL d’habitation, les coops et les fiducies foncières protègent les populations en place et s’assurent de remplacer les gens qui quittent leurs logements par d’autres ayant un profil sociodémographique semblable.

Ensuite, nous constatons que le logement communautaire crée un contexte et une structure d’appui qui permet à ses habitants, qui sont souvent visés par l’exclusion et la discrimination, de reprendre pied. Le simple fait de ne pas être soumis à l’arbitraire, aux pressions financières indues et aux multiples frustrations quotidiennes qui génèrent la désaffiliation sociale, agit souvent comme un tremplin qui permet aux individus habitant dans nos immeubles d’améliorer leur état de santé, ainsi que leur situation sociale et professionnelle bien au-delà des simples enjeux d’habitation au sens strict.

Il est aussi bien connu que le logement communautaire, grâce à la diversité qu’il apporte dans les milieux, facilite l’éclosion de dynamiques sociales positives qui débordent largement le cadre des immeubles communautaire elles-mêmes au bénéfice de l’ensemble du quartier, de la ville ou du village ou ils se trouvent.

L’inclusion sociale au sein du logement communautaire signifie aussi que la structure de gestion de ces immeubles est un lieu d’apprentissage, d’autoéducation pour les gens qui y vivent et en sont proches.

En agissant comme un véritable incubateur d’émancipation pour ses locataires, la pratique de l’inclusion sociale offre aux gestionnaires de logements communautaires un outil distinctif fantastique pour l’accomplissement de leur mission.

En effet, l’inclusion sociale permet, à travers la participation des locataires, de garantir une meilleure gestion. Elle établit un mécanisme de contrôle interne qui crée une adéquation entre l’offre et les besoins des locataires.

L’inclusion sociale dans nos immeubles, quand elle est bien comprise et mise en action, n’est pas un service accordé par des gestionnaires éclairés aux locataires, c’est tout le contraire. L’inclusion sociale est une lumière offerte aux gestionnaires par ceux et celles qui habitent les immeubles dont ils ont la garde afin de les guider et de les inspirer.

Pour le Centre, bien plus que le cadre légal, c’est cette inspiration qui permet de déterminer si un immeuble de logements est, ou non, communautaire ; qu’il appartient et sert la communauté et non pas des bailleurs de fonds.

Cependant, il faut bien reconnaître que la pression est forte pour amener les gestionnaires de logement communautaire à adopter des pratiques qui correspondent davantage à celle du marché privé. La diminution du soutien financier gouvernementale, la timidité des mesures législatives et réglementaires en matière d’équité dans l’accès au logement, le refus des banques de considérer les projets de logement communautaires avec des critères adaptés à leur type de gestion non spéculative laissent les acteurs du logement communautaire de plus en plus souvent seuls pour résister aux pressions sociales et financières engendrées par leurs opérations distinctives.

Dans ce contexte, le Centre affirme qu’il importe de soutenir le mieux possible les organismes qui cherchent à poursuivre et à améliorer l’inclusion sociale en matière d’habitation.

Ce soutien peut prendre la forme d’une reconnaissance financière, mais aussi d’une mise en valeur des bienfaits associés à cette pratique. En facilitant l’exploration et l’expérimentation de nouvelles manières de stimuler la participation des locataires, en partageant les apprentissages acquis dans ces expériences, le Centre peut contribuer à l’évolution du mouvement du logement communautaire et en faire un modèle de référence qui influence positivement l’évolution de nos communautés.

En conséquence le Centre se donne comme objectifs de :

  • Promouvoir la participation des locataires dans nos organisations et la communauté en général ;
  • Fournir des ressources, des outils et mettre en valeur les meilleures pratiques ;
  • Améliorer les services aux locataires et la participation communautaire.
Découvrez nos actualités et projets financés en lien avec…

L’inclusion sociale et action communautaire

145 ans d’histoire, prêt pour du renouveau

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Pour un organisme âgé de 145 ans, entamer une démarche afin de revoir son fonctionnement demande du courage et de l’humilité. C’est dans cette voie que s’est engagé l’Accueil Bonneau, un organisme luttant contre l’itinérance bien connu au Québec, afin d’être en mesure d’accomplir son but explicite de mettre fin à l’itinérance chronique à Montréal.

Renverser la vapeur en matière de logement inclusif à Québec

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L’itinérance des femmes se vit de façon cachée, selon une étude

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Les femmes et les personnes non binaires vivent souvent l’itinérance différemment des hommes. On sous-évalue leur nombre et elles sont sous-représentées dans la recherche de solutions. Selon une nouvelle enquête, la principale cause de cette situation serait la fin d’une relation qui les pousse, elles et leurs enfants, dans une situation de précarité face au logement.

Nos voix pour des toits : un balado pour parler du logement social et communautaire

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Les locataires de maisons de chambres de Parkdale ne luttent pas seuls pour conserver leurs logis

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Huit saisons dans la vie d’une coop

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À Gatineau, la Coopérative d’habitation St-Louis regroupe des personnes d’origines et de parcours diversifiés, qui s’entraident et surmontent les défis que soulève ce mode de vie. Dans le documentaire La coop de ma mère, la réalisatrice Ève Lamont présente les histoires et le quotidien de ces personnes — dont sa mère. Le film témoigne de façon honnête de l’importance et de l’impact de ce type d’habitation communautaire sur ses habitants.

Projets financés

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Projets locaux

Fonds de transformation du secteur

Bonifiez la quantité et la qualité des services offerts à vos locataires et votre communauté.

Projets d'impact sectoriel

Fonds de transformation du secteur

Améliorez l’offre de services aux promoteurs de logements communautaires à l’échelle de votre région, province ou pays.

Fonds d'initiative d’aide communautaire aux locataires

Favorisez la participation des locataires dans les décisions qui les concernent.

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